mercredi 5 novembre 2014

.::. Cette petite bête que l'on appelle dépression .::.

Aujourd'hui j'ai décidé de vous parler d'un sujet dont on parle trop peu ... Un sujet pas simple a abordé car trop souvent mal perçu ...

Cette petite bête qui m'a envahie il y a environ trois semaines et qui depuis fait de ma vie un enfer ...

La dépression.


Remettons les choses dans leurs contextes, je n'ai jamais fait de dépression avant, c'est nouveau pour moi et surtout ça m'est tombé dessus en un quart de seconde ...

Depuis trois ans, avec Enéa j'accumule une fatigue assez intense mais j'arrivais jusque-là à tenir avec ou grâce à mes nerfs ...

J'étais fatiguée, pas souvent comprise par mon entourage mais je le gérais car comme on disait avec David, c'est nous qui le vivons 24/24 ...

Puis Enéa début septembre est tombé bien malade, comme chaque début d'automne mais inconsciemment j'avais espéré avec cet été plutôt calme qu'elle était peut-être enfin guérie ... 

J'ai espéré de toutes mes forces mais la réalité m'a vite rattrapée et la reprise des traitements, nuits blanches, peurs on reprit de plus belle et mon corps après un énième coup de téléphone au chu m'a lâché en l'espace de quelques secondes ...

Je suis passée de cette maman toujours souriante malgré la fatigue à quelqu'un de las, une coquille vide ...

Je n'ai pas compris sur le coup, je pleurais énormément, je n'avais envie de rien, je ne dormais plus et le peu que je dormais d'horribles cauchemars venaient me hanter, je n'avais plus faim, plus envie de me lever, plus envie de sourire, je voulais juste qu'on me fiche la paix et qu'on me laisse dans mon désarroi ... Et surtout je souffre de migraines horribles qui me pompent mon énergie, de raideur dans tout le corps sans parler de mes 8 kilos en moins depuis mars ... 

Les choses se sont accélérée cette semaine et c'est pour ça que j'ai décidé de vous en parler, en espérant que ça aidera quiconque qui passera par ici et qui se trouve dans le même état.

J'ai donc pris le taureau par les cornes, rdv chez une psychologue en urgence, rdv chez mon médecin ... 

Et le verdict est tombé, dépression avec non pas de la fatigue mais un épuisement général.

On m'a prescrit des antidépresseurs que j'ai décidé de ne pas prendre, je vais voir pour un traitement plus doux type plante, de plus je me dois d'être alerte pour Enéa et je ne pense pas que ce traitement m'aidera, la guérison sera plus longue mais je l'accepte. 

J'ai donc décidé de vous en parler car souvent on se prend des "oh ça va rebooste toi hein " oui sauf qu'on a beau essayer on y arrive pas, on ne contrôle plus rien.

Et hier ma psychologue ma dis quelque chose de censé qui depuis m'aide énormément :

Vous élever une petite fille malade depuis trois ans, vous gérer tout les a cotés, vous subissez telle ou telle situation difficile ( soucis personnels que je ne veut pas exposer ici ) -> vous avez le droit de ne plus en pouvoir, d'être fatiguée et las, c'est NORMAL !!! 

Elle ma expliqué que je n'avais pas des journées lambda de 8 heures ou ensuite je rentre chez moi pour me détendre mais des journées de minimums 20 heures sans aucun moment pour me relaxer ( les soucis de sommeil de Enéa, l'article est ici ).

Je ne sais plus ce que c'est que de prendre du temps pour moi, de regarder un film sans me lever toutes les trois minutes, sans gérer Enéa, de passer une nuit paisible ...

Ces mots ont été un électrochoc et j'ai compris que oui je n'étais pas bien mais personne n'avais à me dire comment gérer ça ...

Je me suis prise en main en moins de trois semaines ... 

Elle m'a aussi dit que toute maman dans une situation similaire finissait par faire un burn out et que l'on allait se concentrer sur moi en priorité, qu'il fallait que je me retrouve avant de ne tomber pour de bon, et que toute maman avec un enfant sans soucis était déjà fatiguée alors qu'il fallait que je prenne conscience que la situation de Enéa est d'autant plus dure à gérer ... 

J'en suis sortie et j'ai pleuré toute la journée ... j'étais soulagée "d'avoir le droit de ne pas être bien " et mon sentiment de culpabilité s'est estompée ...

Je n'ai pas dormi cette nuit, le seul moment de repos que j'ai eu, les cauchemars sont revenues ... Je sais que la route sera longue car cette petite bête est insidieuse mais je suis armée pour l'affronter ...

On va y aller doucement, mon état d'épuisement est tel que de toute façon je suis obligé de lâcher certaines choses qui me turlupine pour le moment ... chaque chose en son temps ... 

Tout ça pour vous dire, que moi aussi quand on me parlait de psychologue je répondais "non pas besoin", de dépression " même pas en rêve" même si elle devait être la bien cacher depuis un petit moment ... Moi aussi je pensais pouvoir tout gérer de front mais à force de se mettre la pression ( seul ou que l'on subit pour entrer dans des cases ) on finit par tomber, par se perdre ... J'ai donc décidé de ne plus me la mettre ... Je me concentre sur le principal -> moi et passez cet hiver qui commence difficilement avec Enéa ... le reste attendra que je me sente mieux ...

Je suis tombé depuis avant-hier sur des anges, que ce soit mon médecin, ma psychologue, ma pharmacienne ou même ma conseillère pôle emploi qui d'elle même à essayer d'arranger ma situation et ma donner quelques conseils pour pouvoir me reposer et reprendre du poil de la bête.

Je ne suis pas "guérie", la route sera longue mais je sais que j'ai cette force qui fait que même mal rien ne transparaît ( d'ailleurs David ne s'y attendait pas car je me force à être cette jeune femme pétillante chaque jour même si c'est difficile, il savait que j'étais épuisée mais pas à ce point ). Il est là, il ma dit de prendre soin de moi et de ne pas m'inquiéter ... Il me voit chaque nuit debout à tourner en rond, ou dans la douleur à cause des migraines ou des douleurs que j'ai dans les épaules ... Il voit bien que j'ai tout donné ... Et surtout il a mis des mots sur mon mal-être -> oui Enéa sera malade tout le temps, je l'ai intégré, il est temps que tu en prennes conscience ... Il ne me reste plus qu'à accepter ça ... 

Voilà un peu mon état d'esprit du moment ... Ce n'est pas simple d'en parler mais je voulais le faire car je me rend compte a quel point c'est difficile de vivre avec cette petite bête au quotidien et si ce petit témoignage peut vous aider à voir les choses différemment alors j'en serais heureuse.

Je n'ai pas écrit ce mot pour avoir des messages de compassion, je me bats comme je l'ai toujours fait, je l'ai juste écrit pour mettre des mots sur ce qui peut toucher n'importe qui a n'importe quel moment même quand on se sent infaillible ... 

La dépression est une maladie comme la grippe, la bronchite ... avez-vous honte d'avoir la grippe ? non, alors n'ayez pas honte d'avoir une dépression ... Nous ne sommes que des humains avec nos faiblesses le tout est d'être assez fort pour se dire ok je ne suis pas bien mais je ne dois pas rester comme ça, et de se prendre en main ... Et surtout de ne pas hésitez à demander de l'aide ... la aussi il n'y a pas a avoir honte ... 

Demander de l'aide est je pense le premier pas à faire ... 

Depuis hier je me sens plus alerte face à tout ça, je me sens moins vide et moins seule car je ne culpabilise plus ... Oui je suis exténuer, oui je ne suis pas bien mais j'ai le droit, et surtout je sais maintenant que je vais pouvoir avancer et remonter la pente ...

Voilà ...

Gaelle, maman qui fait une dépression avec le sourire ...


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